Interview de Dimitri ce mois ci dans le Jaune de Coeur! Celle-ci étant assez longue, j'ai choisi les 3 questions qui m'ont le plus marqué....
Jaune de Coeur : Revenons sur votre parcours atypique. Comment un garçon de 11 ans peut-il quitter La Réunion pour le centre de formation du Havre?
Dimitri Payet : J'étais un peu insouciant, et j'avais surtout envie de jouer en France. Ma mère a eu du mal à me laisser partir, tandis que mon père a très vite compris que je voulais tout donner pour jouer au foot. Même si je n'avais que 11 ans, je savais ce que je voulais... A l'époque, j'évoluais à la Saint-Joseph, le club formateur de l'île de La Réunion qui a lié un partenariat avec le club du Havre. J'avais suivi le parcours de Florent Sinama-Pongolle et celui de Christophe Mandanne, aujourd'hui à Tours (L2), que je croisais souvent dans mon quartier. Je savais qu'ils me donneraient des conseils. S'ils n'avaient pas été là-bas, je ne serais sans doute pas parti...
JDC : Le fait de participer à votre premier stage avec le groupe professionnel, à Reith Seefeld, a aussi contribué à votre bonne intégration...
Dimitri Payet : C'était une vraie reconnaissance pour moi, d'autant que certains joueurs professionnels n'avaient pas été sélectionnés. J'ai appris ma convocation fin mai, juste avant de partir en vacances. Là-bas, tout s'est bien déroulé. Dans la vie, je suis assez discret, mais dès que j'arrive sur le terrain, j'oublie cette retenue. Un Réunionnais aime faire la fête et plaisanter...Et puis, des garçons comme Frédéric Da Rocha ou Nicolas Savinaud font tout pour vous mettre à l'aise. Avec les autres jeunes (Karim El Mourabet, Kévin Das Neves, les gardiens Vincent Briant et Guy-Rolland N'Dy Assembé), on s'est serré les coudes, parce qu'on ne s'attendait pas à ce que ce soit si dur...
JDC : Deux images de vous étaient marquantes. Celle où vous recevez un carton rouge, en CFA, à Saupin, et la séquence où Serge Le Dizet vous annonce votre entrée dans le groupe pro...
Dimitri Payet : Ce sont deux moments importants. Après mon expulsion, j'ai pris une suspension pour trois rencontres. C'est énorme pour un joueur en formation. Mentalement, j'ai douté. Pendant ce temps, ton remplaçant peut enchaîner les bonnes prestations et c'est fini pour toi, sans pouvoir te défendre. En même temps, cet épisode m'a servi. C'est en faisant des erreurs qu'on apprend. Quant à mon premier match avec les professionnels, je suis resté sans rien dire devant le coach, mais ça flambait à l'intérieur! C'est un moment que tu attends depuis toujours, et quand ça arrive, tu as tout de suite peur de ce qui va t'arriver. Dans les minutes qui ont suivi, je suis rentré chez moi. J'étais le plus heureux. Et j'ai tout de suite prévenu mes amis et ma famille!